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L'histoire des vins belges racontée à Julie


  • Goûte-moi ça, Julie, qu'en penses-tu ?

  • Quel bon vin ! C'est du français, de l'italien ? Pourquoi caches-tu l'étiquette ?

  • Je voulais voir si tu allais deviner... Eh bien non, ma chère, ce n'est pas du vin français, ni du vin italien, ni du vin espagnol... C'est du belge !

  • Du vin belge ? Ca existe ça ?

  • Comment malheureuse, tu ne sais donc pas que la vigne est cultivée en Belgique depuis le moyen âge ?

  • Tu m'en diras tant ! Il me semble que ma culture... générale et non vinicole, a de sérieuses lacunes, là ! Raconte l'histoire des vins belges, John, ça m'intéresse...

  • Installe-toi confortablement, il y a pas mal à raconter... Tu verras, c'est passionnant. Figure-toi, Julie, que c'est aux environs du IXème siècle qu'on trouve trace de la culture de la vigne chez nous... Une culture à priori assez aléatoire, si l'on tient compte des rigueurs de notre climat et du fait qu'à l'époque gauloise, d'épaisses forêts couvraient nos régions.

  • Ah, nos ancêtres les Gaulois ! Cultivaient-ils déjà la vigne ?

  • Pas à proprement parler... Ils connaissaient le jus fermenté de raisins sauvages, mais ce sont les Romains qui ont introduit la vigne et le vin en Gaule, en partant des ports méditerranéens, Marseille par exemple, jusqu'aux rives du Rhin et de la Moselle. Ensuite, la vigne va continuer, lentement, à progresser vers le nord. Ainsi, à Amay, nous aurons le vignoble de Vivegnis, le vignoble hutois… Les bords de Meuse étaient réputés pour leurs coteaux bien exposés. Et sais-tu quel est le grand personnage qui a galvanisé la culture de la vigne en se souciant, en outre, de la qualité des production et de la consommation ?

  • Pas la moindre idée !

  • Je te mets sur la voie... L'an 800, ça ne te dit rien ?

  • Charlemagne ? L'empereur à la barbe fleurie ?

  • Il paraîtrait qu'il était glabre... Quant au terme « fleuri », heu ! Mais ça, c'est une autre histoire. Revenons à notre vin. Sous l'influence de cet empereur, la vigne prospère depuis le sud de la France jusqu'au nord de l'Allemagne, territoire incluant donc notre Belgique.

  • Tu m'as parlé du vignoble de Vivegnis, de Huy... Cela s'est limité à cette région ?

  • Pas du tout ! On trouve trace d'un vignoble à Gand, sous l'abbaye Saint-Pierre, dès 815. Un autre apparaît à Namur vers 987. Les coteaux se situant entre Huy et Liège sont particulièrement prisés, à cette époque comme aujourd'hui. Poursuivant son petit bonhomme de chemin, la vigne s'est développée au point qu'au XIVème siècle, chaque ville possédait son vignoble...

  • Bruxelles aussi ?

  • Oui, Bruxelles aussi ! La ville émergeait alors des marais et tu aurais pu y boire du vin de Saint-Josse-Ten-Noode, commune dont les armoiries arborent encore une grappe de raisin. Il y avait aussi Tournai, Louvain, Bruges, Gand, Dinant, Namur, Liège... et j'en passe !

  • Mazette ! Je ne m'en serais jamais doutée ! Et ces gens qui ont cultivé la vigne, qui étaient-ils au départ ? Des marchands ?

  • Des moines, Julie ! Les premiers vignobles ont appartenu aux abbayes et le vin, boisson « pure et saine » car non viciée par les pluies et les cours d'eau pollués, leur était indispensable pour leurs célébrations, et aussi pour honorer leurs hôtes de passage. Ces religieux ont étudié les sites les plus favorables à la culture viticole, ont sélectionné les cépages les mieux adaptés à tel ou tel sol. A côté d'eux, des particuliers s'y sont mis aussi, par exemple des seigneurs comme les ducs de Bourgogne, qui possédaient les vignobles de Bruxelles, Louvain, Aarschot, Namur et Mons.

  • Ah oui, les ducs de Bourgogne... Philippe le Bon, Charles le Téméraire... Cette culture du raisin semblait bien partie, John. Pourtant, il semble qu'elle n'ait pas continué sur une si belle lancée, je me trompe ?

  • Non, tu as raison. Après un âge d'or qui s'est étendu entre les années 1300 et 1500, les conditions climatiques sont devenues plus pénibles, au point qu'on a même parlé d'une « petite ère glaciaire »... Hivers rudes, étés pourris... Tu vois, il n'était pas encore question du réchauffement climatique en ce temps-là. Il te suffit de regarder les tableaux de Pieter Bruegel pour t'en rendre compte. De 1511 à 1524, les récoltes ont été désastreuses, la culture de la vigne a périclité, et le vin a cédé la place à la bière, autre boisson réputée saine au point de vue bactériologique...

  • Notre climat belge, plein de surprises ! Pauvres vignes...

  • Le climat n'était pas seul en cause. L'amélioration des moyens de communication a rendu les vins de France, d'Espagne et d'Allemagne accessibles à nos contrées. Nos vins, à l'époque, jugés trop rudes, ne pouvaient que souffrir de la comparaison. Et petit à petit, les cultures maraîchères ont remplacé les vignobles. Au XIXème siècle, ces derniers avaient pratiquement disparu des contrées septentrionales. Il faut dire que nos régions ont traversé également une période de guerres (franco-espagnoles, franco-autrichiennes) et de turbulences politiques et économiques qui ont provoqué, entre autres, une forte hausse du prix du bois et des engrais, deux éléments indispensables à l'exploitation d'un vignoble.

  • Aucune vigne n'a échappé à cette destruction ?

  • Si, quand même ! Ainsi, nous possédons un vignoble qui a plus de mille ans d'histoire, avec une unique interruption de 1940 à 1963 : le Clos Bois Marie de Huy.

  • Mille ans, ce n'est pas rien !

  • D'autres cultures vinicoles se sont encore accrochées courageusement en bord de Meuse, jusque dans les années 20. La guerre de 14-18 était cependant passée par là, avec ses famines. Nombre de vignes ont été arrachées et remplacées par des cultures de légumes.

  • Et ensuite, John ?

  • Il faudra attendre 1962, quand deux vignerons qui ne se connaissaient pas ont planté leurs premiers ceps. L'un d'eux, Charles Legot, a opté pour des ceps de pinot et a ainsi fait renaître le Clos Bois Marie dont je te parlais il y a un instant. L'autre, Jan Bellefroid, a privilégié les cépages allemands, tel le rivaner. Le mouvement a fait boule de neige, de nombreux vignerons se sont mis à l'ouvrage et dans les années 70, la vigne avait gagné la Flandre et les Pays-Bas. Des arbres fruitiers ont été remplacés par le vignoble, notamment dans le Hageland, autour de Louvain. Et c'est ainsi que cette région a obtenu en 1997 la première AOC belge : Hagelandse Wijn. En 2000, cela a été le tour de la Hesbaye flamande, avec l'AOC Haspengouwse Wijn, et en 2004, la Wallonie a suivi, avec l'AOC Côtes de Sambre-et-Meuse. Contente de cette renaissance, Julie ?

  • Oh oui alors ! Mais je reste un peu sur ma soif... si j'ose dire. Existe-t-il un ouvrage de référence, relatif aux vins de nos régions ?

  • Il en existe plusieurs... Il est notamment impossible de passer sous silence une étude datant de 1895 et due à Joseph Halkin. Cet ouvrage est une analyse détaillée de l'évolution de notre vignoble, dans le cadre géographique de la Belgique actuelle, à partir du 9ème siècle jusqu'à la fin du 19ème. Son titre est explicite : « Etude historique de la culture de la vigne en Belgique ».

  • Passionnant ! Peut-on encore se procurer ce livre de nos jours ?

  • Certes, il a été réédité par Marc De Brouwer (CEPvdqa asbl).

  • J'en prends note... Peux-tu me conseiller un autre ouvrage intéressant ?

  • « Les Routes de la Treille », un ouvrage collectif publié chez Didier Hatier en 1990. Avec ça, tu seras bien équipée pour combler les lacunes de ta culture, Julie !

Copyright © John Collijs





Geschiedenis van de belgische wijnen verteld aan Veerle



  • Proef mij dit eens, Veerle, en zeg mij wat je er van denkt.

  • Wat een lekkere wijn ! Is het franse of italiaanse ? Maar waarom verberg je het etiket ?

  • Ik wilde enkel weten of je het zou juist raden... Wel nee, mijn allerliefste, het is geen franse wijn, noch een italiaanse, noch een spaanse... Het is een belgische wijn !

  • Belgische wijn ? Bestaat dat ?

  • Hoezo sukkel, weet jij dan niet dat er in België reeds vanaf de Middeleeuwen aan wijnbouw wordt gedaan ?

  • Als jij het zegt ! Het lijkt mij alsof mijn algemene cultuur... zowel als mijn wijncultuur serieuse leemtes vertoont. John, vertel mij meer over de geschiedenis van de belgische wijnen want dat boeit mij echt.

  • Zet je gemakkelijk want er valt heel wat over te vertellen.... Je zal zien hoe boeiend het is. Stel je voor, Veerle, reeds rond de IXe eeuw vindt men sporen terug van de wijnbouw in onze streek... Een à priori niet evidente cultuur, rekening houdend met de strengheid van ons klimaat en het feit dat in de gallische periode uitgestrekte bossen ons landschap beheersten.

  • Ah, onze voorouders, de Galliers ! Deden die aan wijnbouw ?

  • Niet helemaal... Zij kenden wel al een gefermenteerd brouwsel gemaakt van het sap van wilde druiven, maar het waren de Romeinen die, vanaf de havens van de Middellandse zee, zoals Marseille bijvoorbeeld, tot op de oevers van de Rijn en de Moesel, de wijn en de wijnbouw in Gallië introduceerden. Nadien heeft de wijnbouw langzaam verder naar het noorden aan terrein gewonnen. Zo kennen wij de wijngaard in Amay, de wijngaard van Vivegnis en die van Hoei... De boorden van de Maas waren befaamd omwille van hun buitengewone orientering. Maar weet jij welke invloedrijke persoonlijkheid er toe bijgedragen heeft om de wijnbouw uit te breiden, namelijk door zich te bekommeren om de kwaliteit en het verbruik ervan ?

  • Helemaal niet !

  • Ik zet je op het spoor... Zegt het jaar 800 je niets ?

  • Karel de Grote ? De man met de legendarische baard... alhoewel hij door anderen als baardloos wordt beschreven.

  • Maar dat is weer een ander verhaal. Laten wij terugkeren naar onze wijn. Onder invloed van deze Keizer kende de wijnbouw een bloeiperiode, van het zuiden van Frankrijk tot het noorden van Duitsland, dus inclusief het huidige België.

  • Je sprak me daarnet over de wijngaarden van Vivegnis en Hoei... Was de wijnbouw dan beperkt tot deze ene regio ?

  • Zeker niet ! Vanaf 815 vindt men sporen terug van wijnbouw in Gent, onder de Sint-Pieters abdij. Rond 987 vinden wij sporen van wijnbouw terug in Namen. De hellingen langs de Maas, tussen Hoei en Luik, zijn indertijd, net als vandaag, bijzonder gegeerd. Vervolgens heeft de wijnbouw zich verder ontwikkeld, zodanig dat in de XIVe eeuw elke stad zijn wijngaard had...

  • Brussel ook ?

  • Ja, ook Brussel ! De stad was ontsproten uit een moeras en je kon er wijn drinken afkomstig van Sint-Joost-ten-Noode, gemeente welke nog steeds een druiventros in haar wapenschild vertoont. Er waren toen ook wijngaarden in Doornik, Leuven, Brugge, Gent, Dinant, Namen, Luik... en nog zovele andere plaatsen.

  • Verdorie ! Daar had ik echt geen enkel besef van ! En wie waren deze eerste wijnbouwers, dan wel ? Handelslui ?

  • Monniken, Veerle ! De eerste wijngaarden waren eigendom van de abdijen en de wijn, een zuivere en gezonde drank, want niet aangetast door de regen en het water van verontreinigde waterlopen, was hen onontbeerlijk voor hun vieringen en om hun tijdelijke gasten eer aan te doen. Deze geestelijken hebben de best geschikte plaatsen om aan wijnbouw te doen bestudeerd en hebben de best aangepaste wijnsoort voor elke ondergrond geselecteerd. Daarnaast, zijn ook bepaalde particulieren aan wijnbouw begonnen, zoals bijvoorbeeld edellieden als de Hertogen van Bourgondië, welke wijngaarden bezaten in Brussel, Leuven, Aarschot, Namen en Bergen.

  • Ah ja, de Hertogen van Bourgondië... Filips de Schone, Karel de Stoute... Deze druivencultuur leek mooie toekomstperspectieven te hebben, John. Nochtans, lijkt zij deze gunstige lijn niet te hebben kunnen doorzetten, of vergis ik mij ?

  • Neen, je hebt wel degelijk gelijk... Na een bloeiperiode tussen de jaren 1300 en 1500, werden de klimaatsomstandigheden moeilijker, zodat men zelfs sprak van "een kleine ijstijd"... Barre winters, doordrenkte zomers... Zoals je ziet, was er indertijd nog geen sprake van klimaatopwarming. Het volstaat om de winterlandschappen van Pieter Breugel te bekijken om er zich van te overtuigen. Tussen 1511 en 1524 waren de oogsten desastreus, de wijnbouw boerde achteruit en de wijn moest wijken voor het bier, een andere drank die uit bacteriologisch standpunt als "gezond" werd aanzien....

  • Altijd ons belgisch klimaat, van de ene verrassing in de andere ! Arme wijngaarden...

  • Het klimaat was trouwens niet de enige oorzaak. De verbetering van de communicatiemiddelen maakte onze streken gemakkelijker toegangkelijk voor de wijnen uit Frankrijk, Spanje en Duitsland. Onze wijnen uit die tijd, bestempeld als "ruw" konden de vergelijking niet doorstaan. Beetje bij beetje verving groententeelt de wijnbouw. In de XIXe eeuw, was deze laatste praktisch geheel verdwenen uit de noordelijke gewesten. Tevens dient gezegd dat onze streken een periode van oorlogen hebben moeten doorstaan (frans-spaanse, frans-oostenrijkse), alsook een periode van politieke en economische strubbelingen welke onder andere een forse prijsstijging van het hout en de meststoffen tot gevolg had, twee onontbeerlijke elementen voor de uitbating van een wijngaard.

  • Heeft geen enkele wijngaard deze verwoesting dan overleefd ?

  • Ja, toch wel ! Zo is er een wijngaard met meer dan duizend jaar geschiedenis op de teller en slechts een kleine onderbreking tussen 1940 en 1963 : de "Clos Bois Marie" te Hoei.

  • Duizend jaar, dat kan tellen !

  • Nog andere wijnuitbatingen langs de vallei van de Maas hebben moedig weerstand geboden tot in de jaren 20. Maar ondertussen was er de oorlog van 14 - 18 geweest en zijn daaraan verbonden hongersnood, met als gevolg dat talrijke wijngaaarden werden ontworteld en vervangen door groententeelt.

  • En vervolgens, John ?

  • Men moet wachten tot 1962 wanneer twee wijnbouwers die mekaar niet kennen, hun eerste wijnranken aanplanten. Eén van hen, Charles Legot opteerde voor de pinot-druif en heeft zo de "Clos Bois Marie", waarover ik het daarnet had, weer tot leven geroepen. De andere, Jan Bellefroid, heeft de voorkeur gegeven aan duitse wijnstokrassen zoals de rivaner. De beweging kwam op gang, verschillende wijnbouwers hebben de mouwen opgerold en in de jaren 70 heeft de wijnbouw een heropleving gekend in Vlaanderen en in Nederland. Fruitbomen werden vervangen door wijnranken, onder andere in het Hageland, rondom Leuven. Zo bekwam deze streek in 1997 de eerste belgische AOC : Hagelandse Wijn. In 2000, was het de beurt van vlaams haspengouw, met de AOC Haspengouwse Wijn, en in 2004, volgde Wallonië, met de AOC Côtes de Sambre-et-Meuse. Gelukkig met deze heropstanding, Veerle ?

  • En of ! Maar ik blijf een beetje met mijn vragen zitten... om zo te zeggen. Bestaat er een referentieboek, aangaande de wijnen uit onze streken ?

  • Er bestaan er verschillende... Zo is het onmogelijk niet te spreken over een studie van Joseph Halkin, daterend uit 1895. Dit werk omvat een gedetailleerde analyse over de evolutie van onze wijngaarden, binnen het aardrijkskundige kader van het actuele België, vanaf de 9e eeuw tot einde 19e eeuw. Zijn titel is wel expliciet te noemen : « Etude historique de la culture de la vigne en Belgique ».

  • Spannend ! Is dit werk nog steeds te bekomen ?

  • Jazeker, het werd heruitgegeven door Marc De Brouwer (CEPvdqa asbl).

  • Daar neem ik alvast nota van... Kan je mij nog een ander interessant werk hieromtrent aanraden ?

  • « Les Routes de la Treille », een collectief werk, in 1990 gepubliceerd bij Didier Hatier. Hiermee zal je alvast gewapend zijn om de leemtes van je cultuur op te vullen, Veerle !



    Copyright © John Collijs